Il y a des rencontres qui bouleversent les trajectoires. Celle d’Agathe Renoult et Alain Philibert en fait partie. Il y a quatre ans, alors qu’elle est étudiante à Sciences Po Rennes, Agathe échange pour la première fois avec le directeur d’hôpital via My Job Glasses. Elle ne se destine alors pas à ce métier qu’elle connaît peu. Leur échange agit comme un déclic. Une révélation, de son propre aveu. Agathe comprend alors que c’est exactement ce qu’elle veut faire de sa vie. Quatre ans plus tard, elle vient d’entrer en formation à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP). Alain, lui, est désormais directeur d’hôpital à la retraite. Tous deux ont accepté de revenir sur cet échange déterminant, sur leur amour de la transmission, et sur celui de leur métier.
C’est une histoire qui fait rêver. Et qui démontre, si on en doutait encore, que les rencontres peuvent être déterminantes. Fondatrices, même.
Agathe Renoult, 24 ans, est en formation à l’EHESP (Ecole des hautes études en santé publique) depuis une semaine seulement. Celle qui se destine à devenir directrice d’hôpital a déjà les yeux qui pétillent.
Cette carrière, elle n’ose pas y penser jusqu’à ce qu’elle rencontre Alain Philibert, il y a quatre ans, sur la plateforme My Job Glasses. C’est une conversation qui dure, dans son souvenir, des heures. Il faut dire qu’Alain a beaucoup à raconter sur ce métier qu’il a exercé avec passion pendant des décennies. Agathe ressort de l’échange avec une vocation, mais aussi un mentor.
My Job Glasses a décidé de rencontrer ces deux passionnés de l’humain, du secteur hospitalier et de la transmission pour revenir plus en détail sur ce moment clé qui a tout changé.
My Job Glasses. Bonjour à tous les deux. Pourriez-vous vous présenter ?
Agathe Renoult: Bien sûr ! Je suis Agathe, j’ai 24 ans. J’ai utilisé My Job Glasses pour la première fois il y a 4 ans et ça a été une véritable révélation puisque j’ai rencontré plusieurs directeurs d’hôpitaux, dont Alain, qui a changé mon parcours.
Alain Philibert : Alors moi, je suis un directeur d’hôpital retraité. J’ai travaillé jusqu’à 67 ans, puis j’ai monté aune entreprise de formation de conseil. Je participe aussi bénévolement à My Job Glasses depuis plusieurs années. J’étais là il y a 4 ans pour rencontrer Agathe et lui donner envie de faire ce métier.
My Job Glasses. Alain, c’était une vocation pour vous d’être directeur d’hôpital ?
Alain : Pas du tout, parce que je suis issu du milieu de la restauration. À l’âge d’Agathe aujourd’hui, j’ai réussi un concours de catégorie C dans un hôpital. C’est à ce moment-là que je suis tombé amoureux de l’hôpital. Ensuite, jai réussi des concours d’entrée dans des cycles préparatoires à l’EHESP d’abord et puis l’ENA à Sciences Po Grenoble ensuite. Et je suis devenu directeur d’hôpital.
J’ai eu envie de travailler dans ce milieu parce que j’étais vraiment très touché par les missions de l’hôpital et par les valeurs qu’il porte. C’est d’ailleurs un peu ça que j’essaye de transmettre à mes jeunes interlocuteurs dans le cadre de My Job Glasses.
“Je voulais travailler pour l'homme avec un grand H”
My Job Glasses. Visiblement avec succès ! Agathe, pouvez-vous nous raconter comment vous avez découvert My Job Glasses et rencontré Alain ?
Agathe : Il y a 4 ans, j’étais étudiante à Sciences Po Rennes. Je souhaitais plutôt m’orienter vers la magistrature. Dans le cadre de ma formation, on m’a demandé de m’inscrire sur My Job Glasses et de rencontrer plusieurs professionnels.
J’ai rencontré Alain en premier. Je me suis rendue compte que finalement, le métier de directeur d’hôpital cochait toutes mes cases. Notamment les valeurs dont tu parlais justement, Alain. Je me suis dit qu’il fallait absolument que je fasse un stage dans ce domaine là, et c’est ce que j’ai fait. Ça a confirmé mon choix.
My Job Glasses. Quelles cases coche le métier de directeur d’hôpital, justement ?
Agathe : D’abord, je voulais travailler dans le service public. Je voulais me sentir utile. Ensuite, ce qu’Alain m’a déjà montré à l’époque, c’est le fait qu’en étant directeur d’hôpital, on peut faire plusieurs métiers. On peut être directeur adjoint dans différentes directions, changer d’hôpital, changer de structure, travailler dans des structures publiques, dans des structures privées à but non lucratif par exemple, ou encore travailler dans des ARS (Agences régionales de santé). J’ai trouvé ça génial qu’on puisse évoluer comme ça.
Enfin, je voulais travailler pour l’homme avec un grand H, c’est-à-dire à tous les âges de la vie. L’hôpital répond vraiment à cette envie-là. Alain m’avait parlé à l’époque du lien fort avec le terrain, avec les professionnels, des liens avec les syndicats. Ça m’a plu.
“Dès que j’ai eu mes résultats, je me suis empressée de lui envoyer un message”
My Job Glasses. Alain, vous souvenez-vous de cette rencontre déterminante, vous aussi ?
Alain : Je ne vais pas dire que je m’en souvenais autant qu’Agathe (rires). Mais quand on s’est retrouvés, la mémoire m’est revenue. C’était l’an dernier. Je participais alors au jury de préparation au concours à l’école de la santé et Agathe est venue à ma rencontre.
Quand on a de nouveau échangé, tout ça m’est revenu. C’est surtout l’insistance qu’on avait tous les deux à échanger sur les valeurs qui nous a rapprochés.
C’est vrai qu’il y a des entretiens qui sont beaucoup plus marquants que d’autres. Et il y en a qui durent beaucoup plus longtemps que d’autres. C’était le cas. J’ai toujours considéré que mon métier, c’est un métier de passion. On ne peut pas faire ce métier sans être passionné par ce qu’on y fait et par la responsabilité qu’on a.
My Job Glasses. Vous continuez d’échanger régulièrement ?
Agathe : Oui, on a continué à se parler. J’ai passé le concours en fin d’année, et dès que j’ai eu mes résultats, je me suis empressée de lui envoyer un message pour lui annoncer la bonne nouvelle.
Alain : Alors autant dire que j’étais ravi ! Et même plus que ça. C’est une sorte d’aboutissement. L’aboutissement de vouloir se mettre à disposition des jeunes et d’échanger sur l’expérience qu’on a pu avoir.
Et vraiment, ce n’est pas un énorme investissement que de consacrer une heure, deux heures, trois heures de temps en temps à un jeune. Je fais de la formation et je parle souvent d’Agathe d’ailleurs. La transmission c’est quelque chose de très important.
“Ce que je vends dans mon intervention, c'est l'amour que j'ai pour l'hôpital”
My Job Glasses. Quels sont les conseils que vous donnez aux jeunes qui vous contactent sur My Job Glasses ?
Alain : La relation avec le jeune est très variable. Parce qu’elle va dépendre d’abord de la façon dont cette personne va préparer cet entretien. Ce que je “vends” dans mon intervention, c’est l’amour que j’ai pour l’hôpital, pour ce qu’on y fait et surtout la variété des métiers que l’on exerce.
C’est un métier très peu connu. Les gens pensent qu’on est enfermé dans son bureau alors, qu’au contraire, c’est un métier très humain. Agathe l’a dit justement : au contact du reste de la population hospitalière, mais aussi des patients envers qui on a une responsabilité très importante.
Le métier de directeur d’hôpital, c’est de faire fonctionner cet ensemble hospitalier qui est très complexe, qui doit fonctionner H24, qui ne se repose jamais, et donner l’envie aux gens qui y travaillent de s’investir. Nous sommes forcément des donneurs d’exemples. Et je pense que pour donner du sens au futur, à l’avenir professionnel d’un jeune, c’est important de lui faire comprendre que son rôle va être important pour la communauté dans laquelle il se retrouve.
Et puis, bien sûr, je leur parle des valeurs qui sont essentielles à l’hôpital et que l’on connaît tous, mais qui sont des valeurs républicaines, philosophiques. Tout ce qui fait la grandeur de l’hôpital.
“Alain m'a aussi accompagnée dans la recherche de stage (...) Ça a été déterminant”
My Job Glasses. Agathe, toutes ces valeurs, vous les retrouvez déjà ?
Agathe : Oui, je retrouve ce que m’avait transmis Alain, et notamment le lien avec les usagers. Le lien avec les usagers, c’est le principe même de la démocratie en santé. Et c’est ce qui me plaît. Et c’est aussi ce que j’ai retrouvé lors de mon stage au Canada.
Parce qu’Alain dit qu’il m’a accordé quelques heures, mais en réalité, c’était bien plus que ça. Alain m’a aussi accompagnée dans la recherche de stage. Parce que quand j’étais en troisième année, je devais partir à l’étranger pour faire un stage et je souhaitais le faire à l’hôpital.
Alain m’a guidée et m’a donné beaucoup de conseils. C’est comme ça que j’ai pu réaliser un stage de six mois au Canada. Ça a été déterminant. J’ai pu travailler sur ce concept si particulier de patients partenaires et l’inclusion des usagers dans le système de santé pour faire évoluer le système.
“Je suis très honoré que quelqu’un comme Agathe puisse me faire confiance”
My Job Glasses. Finalement Alain, vous êtes ambassadeur mais aussi mentor ?
Alain : C’est vrai, il y a un peu de ça. Notamment quand on rencontre un jeune ou une jeune étudiante qui a envie d’aller plus loin dans cette relation et qui pense qu’on peut lui être utile dans sa démarche, dans sa projection d’avenir. Je suis mentor d’un certain nombre de jeunes, d’ailleurs.
Bien évidemment, nous ambassadeurs, on a une expertise de terrain, on a un réseau qui est assez important et qui ne demande qu’à se mettre au service. Si on veut que nos générations futures de directeurs soient bien dans leur peau, aient envie de faire ce métier et le fassent bien, il faut qu’on soit aussi là pour aider.
Je crois qu’on est largement “rémunéré” de notre démarche quand on voit comment Agathe sourit, là, par exemple. Je suis très honoré que quelqu’un comme elle puisse me faire confiance au point de me demander des conseils. C’est très valorisant. Et bon, si en plus ça marche, c’est que je ne suis pas totalement à côté de la plaque (rires).
My Job Glasses. Agathe, c’est important pour vous aussi de transmettre ?
Agathe : J’ai d’ores et déjà commencé. Pas encore dans le cadre de My Job Glasses parce que je n’ai pas encore de poste, mais je vais dans des lycées et des collèges parler non seulement du service public et de l’intérêt du service public, mais aussi du métier de directeur d’hôpital et de ce pourquoi j’ai passé le concours. Je vais également m’inscrire dans la prépa pour réussir les concours à l’EHESP pour ensuite tutorer des jeunes. J’adore cette transmission.
My Job Glasses. Quelle est la suite pour vous, Agathe ?
Agathe : J’ai donc deux ans de formation à l’EHESP. Je vais alterner des stages et la formation. Par exemple, dans un mois et demi, j’ai un stage “blouse blanche”. C’est un stage où on suit des professionnels sur le terrain à l’hôpital. Et en janvier 2028, je prendrai un poste.
“J’ai même parlé de notre échange à l’oral du concours de directeur d’hôpital”
My Job Glasses. Vous savez vers quelle spécialisation vous vous dirigez ?
Agathe : J’ai une appétence particulière pour les affaires juridiques, mais je veux garder l’esprit ouvert. À travers mes stages, j’ai déjà pu observer la direction des relations avec les usagers, la direction des affaires juridiques, la direction de la recherche et de l’innovation.
Ce matin encore, on m’a parlé de la direction des achats, de la logistique et des travaux, et j’ai trouvé ça formidable. Ils agissent sur l’ensemble de l’hôpital : pour le personnel, les usagers, la transition écologique, les défis économiques. C’est exactement ce qui m’a séduite, la diversité de ce métier.
On verra donc à l’issue des deux ans. Mais je suis curieuse.
Alain : Être directeur d’hôpital, c’est régler tous les problèmes qui permettent aux soignants de soigner et aux médecins de faire de la médecine. On peut passer des finances aux affaires médicales, puis devenir directeur général. Moi, j’ai été un peu tout ça, dans des établissements publics mais aussi privés assurant le service public hospitalier : fondations, mutualité, Croix-Rouge… Les obligations restent les mêmes.
J’ai aussi travaillé en ARS, et j’ai adoré, parce que tout se complète. Pour résumer, c’est un métier très complexe, très varié. C’est une carrière qui peut évoluer, car on n’est pas obligé de faire la même chose toute sa vie. C’est tout l’intérêt du métier.
Je voudrais ajouter qu’on parle des directeurs, mais ils ne sont pas seuls. Ce sont d’abord des hospitaliers qui ont une mission de direction. Mon métier, je l’ai toujours vécu plus dans les couloirs que dans mon bureau. On a trop tendance à séparer les corps de métier et c’est une erreur fondamentale.
Agathe : J’avais trouvé ça particulièrement inspirant quand Alain m’en avait parlé sur My Job Glasses.
J’ai même parlé de notre échange à l’oral du concours de directeur d’hôpital ! J’ai cité un économiste qui disait que les intérêts individuels s’agrègent naturellement. Et je disais que pour moi, le rôle du directeur d’hôpital, c’est justement d’agréger ces intérêts individuels pour en faire un intérêt collectif. Mais pour ça, il faut aller à la rencontre des personnes et des usagers.
My Job Glasses. Votre rencontre avec Alain vous a donc aidée pour réussir votre oral ?
Agathe : Oui. Tout à fait. J’ai mentionné également qu’il y avait des personnes déterminantes dans mon parcours. Que j’avais rencontré des personnes passionnantes et passionnées – comme Alain – qui m’avaient donné envie de devenir directrice d’hôpital.
Et maintenant ?
La rencontre entre Alain Philibert et Agathe Renoult vous inspire ? Vous souhaitez vous-même transmettre votre savoir et susciter des vocations auprès des plus jeunes ? Ou vous aspirez à trouver votre voie grâce à l’expertise d’ambassadeurs bénévoles prêts à vous aider ?
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