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“Ce que j’aime, c’est le contact avec les agriculteurs” : le métier passion d’Emeline Belleney, responsable planning chez Soelis, Service de Remplacement et groupement d’employeurs du Jura 

Emeline SIA 2026

Dans le secteur de l’agroalimentaire et de l’agriculture, certains métiers restent méconnus. C’est le cas de responsable planning et développement, qu’exerce Emeline Belleney au sein de Soelis, Service de Remplacement et groupement d’employeurs du Jura. Son rôle : recruter, coordonner et mettre à disposition des salariés agricoles pour remplacer les exploitants lorsqu’ils ont besoin de congés, de renfort ou qu’ils font face à une urgence. Entre gestion RH, organisation logistique et contact permanent avec le terrain, elle exerce un métier polyvalent et profondément humain. Alors qu’elle se destinait à l’enseignement du français, elle a trouvé dans l’agriculture un métier passion, avec la satisfaction quotidienne de soutenir celles et ceux qui nourrissent le territoire français.

Certains métiers du secteur agricole ne produisent ni fromage, ni lait, ni céréales. Et pourtant, ils sont indispensables au bon fonctionnement de l’agriculture française. 

 

Depuis le 22 décembre 2022, Emeline Belleney exerce l’un de ces rôles essentiels : responsable planning et développement chez Soelis, le Service de Remplacement et groupement d’employeurs du Jura. Son quotidien ? Permettre aux agriculteurs de souffler. “Quand les agriculteurs ont besoin de congé, de se faire remplacer ou qu’ils ont besoin de compléments de main d’œuvre, nous, on est là pour les épauler. On met des salariés à leur disposition”, résume ainsi Emeline. 

Chaque demande est différente. Chaque ferme a ses spécificités

 

Car quand un exploitant tombe malade, se blesse, ou souhaite simplement prendre quelques jours de repos, qui prend le relais ? “Dans le Jura, on a un AOP comté, un AOP morbier, c’est essentiellement un travail de traite des vaches. Et les vaches, il faut les traire quand même deux fois dans la journée. C’est du 24/24h. Il n’y a pas de week-end.”

 

Remplacer une clôture, assurer la traite, renforcer une équipe en tension : chaque demande est différente. Chaque ferme a ses spécificités. 

 

Si son intitulé mentionne le mot “planning”, le poste d’Emeline dépasse donc largement l’organisation d’agendas.“On fait tout ce qui est entretien d’embauche, suivi des salariés, organisation de visite médicale, entretien professionnel” énumère-t-elle. Les contrats, les déclarations, les démarches auprès de la MSA : Soelis prend en charge toute la dimension administrative.

“Pour les agriculteurs, c’est quand même très compliqué et ça prend énormément de temps. Nous, on fait le contrat du salarié, on s’occupe de tout ce qu’il y a aux alentours.” L’idée est simple : retirer la charge mentale pour que l’exploitant puisse se concentrer sur son cœur de métier.

 

Avant chaque départ en congé, une journée de transmission est ainsi organisée. “Ils font quand même une traite consigne avant le départ. Le salarié pose toutes les questions adéquates pour vraiment soulager l’agriculteur et qu’il puisse partir sereinement. C’est une histoire de confiance entre la responsable planning et l’agriculteur.”

 

Parfois, tout se joue en quelques heures

Le recrutement n’est toutefois pas simple. “On a de grosses problématiques de recrutement.” Beaucoup de jeunes veulent conduire des tracteurs, par exemple. Moins nombreux sont ceux qui souhaitent traire. “Les tracteurs, ça représente peut-être 20 % tout au long de l’année, précise Emeline. Nous, on a besoin de salariés polyvalents.” Polyvalence, adaptabilité, endurance. “Il faut être courageux pour être agriculteur”, juge Emeline. 

 

Dans son quotidien de responsable planning, aucune journée ne se ressemble. Un accident de travail, un arrêt maladie, un imprévu familial. Les appels peuvent arriver à tout moment. “On a des astreintes le week-end. Les agriculteurs nous appellent directement et on peut mettre un salarié à disposition dans l’urgence.”

 

Organisation millimétrée, groupes WhatsApp avec les agriculteurs, plateforme d’envoi de missions aux équipes : parfois tout se joue en quelques heures. “Tout se fait en distanciel. On envoie les messages, on fait la commande, et il faut que ça parte.” Cette tension permanente n’effraie pas Emeline. Bien au contraire. “Ça m’anime. Il faut agir tout de suite.”

Un métier passion au contact des agriculteurs

Si elle s’épanouit pleinement aujourd’hui, Emeline ne se destinait pourtant pas à ce métier. Après un Bac L, elle décroche une licence de lettres modernes, puis un master MEEF option lettres modernes. Un parcours académique très littéraire et un objectif bien précis : devenir professeure de français.

 

Mais une expérience violente en CFA alors qu’elle est professeure en alternance, et l’absence de poste à sa sortie d’études la fait dévier de trajectoire. C’est par hasard qu’elle découvre l’offre de Soelis et postule.“Ils m’ont laissé ma chance et j’ai tout appris sur le terrain.

 

Son enfance rurale, “à faire les moissons” et au milieu des tracteurs, lui met le pied à l’étrier Mais c’est sur le terrain qu’elle découvre sa vocation. “En fait, c’est un métier passion. Moi ce que j’adore, c’est le contact avec mes agriculteurs.”

 

Emeline avait forcément quelques appréhensions. “Je me suis dit : je suis une femme, je suis jeune, je sors de l’école. Comment je vais faire face à des agriculteurs ? Mais c’est un stéréotype qui est en train de se déconstruire. Ils m’ont accueillie les bras grands ouverts. On a beaucoup d’agriculteurs qui cherchent même plutôt des profils féminins, pour une approche différente du métier.” 

 

“Si j’avais eu My Job Glasses, je pense que je serais allée jusqu’au bout de mon idée”

Emeline est fière de son parcours. Et sur My Job Glasses, elle encourage les plus jeunes à suivre ses traces “On est vraiment là pour les aider et les aiguiller et surtout les renforcer dans leur choix, se réjouit-elle. Et puis moi, ça me garde encore un petit pied avec les élèves.”

 

La jeune femme, passionnée de chevaux, admet elle-même ne pas avoir été “très bien conseillée” lorsqu’elle était en études. Alors qu’elle souhaitait passer un bac agricole spécialisée, elle en avait fortement été dissuadée. “On m’avait dit : Non, continue tes études.  On m’avait aussi dit : Tu n’as pas les parents derrière, tu n’auras pas les terrains. Alors qu’actuellement, en embauchant des salariés agricoles, j’ai des salariés hors cadre, qui ne viennent pas de parents agriculteurs et qui réussissent tout aussi bien, voire même très très bien.”

 

Emeline recommande à tous ceux qui la croisent sur My Job Glasses de ne pas renoncer à ses ambitions. “Il faut poursuivre l’idée qu’on a en tête, conclut-elle. Si j’avais eu My Job Glasses, je pense que je serais allée jusqu’au bout de mon idée.”

Et maintenant ?

Le parcours d’Emeline vous inspire ? Vous avez envie d’en savoir plus sur les métiers de l’agroalimentaire et de l’agriculture ? Contactez l’un de nos ambassadeurs actuellement sur le terrain et posez-lui toutes vos questions !