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[Ces femmes qui nous inspirent] “Mon appréhension d’intégrer un secteur très masculin a vite été balayée” : le parcours déterminé de Véronique Degardin, cheffe de produit La Plateforme du Bâtiment

[Ces femmes qui nous inspirent] “Mon appréhension d’intégrer un secteur très masculin a vite été balayée” : le parcours déterminé de Véronique Degardin, cheffe de produit La Plateforme du Bâtiment

Véronique Degardin est cheffe de produit chez Saint-Gobain, où elle pilote l’offre vendue par La Plateforme du Bâtiment. Rien ne la destinait à ce métier : après un bac littéraire et un début d’études en psychologie, elle découvre le produit en BTS. Entrée comme assistante cheffe de produit, elle se fixe un objectif clair : devenir cheffe de produit, même sans le diplôme attendu. Avec ténacité, elle a construit un parcours solide dans un secteur technique et largement masculin. Elle revient sur cette trajectoire et sur les convictions qui l’ont guidée.

Véronique Degardin n’est pas du genre à se laisser impressionner par les conventions.  “Tout s’apprend en fait, assure la cheffe de produit de La Plateforme du Bâtiment. Tout s’apprend si on en a l’envie.” Son parcours, hétéroclite, en témoigne : “Moi, j’ai fait un bac littéraire. Je me prédestinais à faire des études de psychologie.”



Un métier nécessitant de la souplesse et de l’agilité

Aujourd’hui pourtant, Véronique s’occupe de tout ce qui a trait au référencement, au packaging, au prix de vente ou encore la date de lancement. “On suit ce périmètre produit du lancement jusqu’à sa fin de vie”, explique-t-elle. 

 

 

Concrètement, cela signifie accompagner le produit à chaque étape. Avec le service communication, l’équipe élabore d’abord le catalogue. Si le produit appartient à un nouveau segment ou s’avère particulièrement technique, des formations peuvent aussi être mises en place pour permettre aux équipes de bien se l’approprier. Le travail se fait également en lien étroit avec les approvisionnements. Il faut par exemple anticiper les ruptures fournisseurs ou organiser l’arrivée de nouvelles références lors du lancement du catalogue.

 

Un suivi qui s’inscrit dans la durée. “D’une année sur l’autre, on fait aussi beaucoup de veille marché”, précise-t-elle. L’objectif est de comprendre les évolutions du secteur, d’observer la concurrence et d’ajuster progressivement le périmètre produit. Certains produits peuvent ainsi sortir du catalogue s’ils ne se vendent plus, tandis que d’autres viennent enrichir l’offre au fil des années.

C’est un métier qui requiert une grande souplesse, de l’agilité et une bonne gestion des urgences. “Il y a deux ans, j’ai connu la fermeture d’un fournisseur qui était en redressement judiciaire et qui a déposé le bilan. Il a fallu trouver une alternative dans les fournisseurs restants, afin de recodifier les produits similaires et effectuer les switchs de façon très rapide pour éviter la rupture.”

Un BTS action commerciale “révélateur”

On est loin de la consultation feutrée d’un cabinet de psychologie. Il faut dire qu’au bout de seulement deux mois de cours, l’étudiante d’alors se rend compte qu’elle n’est pas faite pour les amphis, la fac, et les cours théoriques. “Je pense que j’avais une image de la psychologie qui n’était pas du tout la réalité. J’ai donc tout laissé tomber.” Elle prend deux décisions : trouver une alternance et faire des études pas trop longues dans un secteur assez large. Ce sera un BTS action commerciale : c’est là qu’elle découvre le métier de cheffe de produit. 

 

“Ça a été extrêmement révélateur, se souvient-elle. J’ai fait beaucoup de missions très intéressantes et j’ai découvert ce métier en me disant : voilà c’est ça que je veux faire quand je serai grande. Je savais très bien qu’avec un bac+ 2, ce n’était pas possible. Je me suis dit c’est pas grave, je vais commencer ma carrière en tant qu’assistante cheffe de produit et je passerai cheffe de produit au mérite.

 

La première structure qu’elle intègre, dans la télécommunication, lui permet de formaliser son attrait pour le secteur technique. Le salaire, trop peu élevé, ne lui convient pas. Véronique intègre un groupe suédois qui produit notamment des produits d’hygiène féminine. “J’étais responsable du service consommateur et j’étais assistante cheffe de produit. J’ai passé quatre ans génialissimes dans cette entreprise qui était très intéressante et dans un milieu très féminin. Au bout de quatre ans, ma cheffe de produit est partie, et donc moi j’ai levé la main un peu naïvement pour prendre sa place.”

 

C’est la douche froide. Sa hiérarchie lui répond qu’elle n’a pas les diplômes nécessaires pour prétendre à un tel poste. ”On me dit : même si tu restes 5 ans, 10 ans, 20 ans, tu ne passeras jamais cheffe de produit. J’ai démissionné et j’ai atterri chez Lapeyre du groupe Saint-Gobain.”

Une motivation décuplée par l’exploration du processus de fabrication

Le côté hybride de l’entreprise Lapeyre, intégrant des usines à ses magasins, l’aide à prendre en main son métier, juge-t-elle. “Le fait de découvrir les produits de la phase de départ jusqu’à l’outil industriel, en travaillant avec les bureaux d’études principalement, simplifie l’apprentissage. Vous voyez le process de fabrication, vous avez des gens très engagés sur la menuiserie. Ça a vraiment développé mon envie, ma motivation. Je voulais en apprendre plus à chaque fois. J’ai fait les portes, les volets, les fenêtres, les portes de garage, les escaliers. J’ai fait un peu toutes les usines qui existaient.”

 

C’est chez Saint-Gobain que Véronique décroche enfin le titre de cheffe de produit tant convoité. “Une fois que vous voulez quelque chose, vous pouvez le faire. C’est un peu la doctrine du groupe Saint-Gobain, c’est un peu la doctrine du La Plateforme du Bâtiment et c’est un peu ma doctrine à moi. J’ai toujours fait ce que je voulais dans mon métier et je l’ai toujours fait évoluer comme j’en avais envie. C’est possible de le faire dans des structures qui l’acceptent bien sûr.” 

“C’est assez jouissif parce que comme je suis une femme, je suis censée ne rien y connaître”

Passer d’un milieu entièrement féminin, dédié à l’hygiène féminine et se retrouver propulsée dans le secteur du bâtiment ? Aucun problème pour Véronique. 

 

“Mon appréhension d’intégrer un secteur très masculin a vite été balayée. Dans mon apprentissage, j’ai vraiment été choyée.” Véronique s’amuse parfois de la confusion de ses interlocuteurs. “C’est assez jouissif parce que comme je suis une femme, je suis censée ne rien y connaître. Quand je rencontre des nouveaux interlocuteurs qui ne me connaissent pas, qui ne connaissent pas mon bagage, je les laisse beaucoup parler. Et ensuite, je leur dis ce que j’ai fait dans ma carrière. Généralement, le comportement change. C’est extrêmement drôle. Mais les fournisseurs à qui je travaille depuis des années ont un respect total de mes compétences.” 

 

Aujourd’hui, Véronique est une véritable experte en menuiserie. Depuis 22 ans, et huit ans et demi à La Plateforme du Bâtiment, c’est sa motivation quotidienne. “C’est un peu ce que je dis aux étudiants sur My Job Glasses : quand on cherche une entreprise ou quand on cherche un secteur d’activité, on a tendance à regarder ce qu’on aime et ce qu’on connaît. C’est normal, l’humain a peur de l’inconnu. Il va aller vers ce qu’il connaît parce que c’est rassurant. Moi, j’ai atterri chez Lapeyre totalement par hasard parce que c’était une entreprise qui pratiquait ce qu’on appelle l’évolution sur les compétences et pas sur les diplômes. Et c’est devenu une passion professionnelle.” 



“Ouvrir ses chakras” et aller au-delà de ses goûts personnels : les conseils avisés de Véronique

Sur My Job Glasses, Véronique est, par ailleurs, une ambassadrice active. Très active. Elle donne de son temps depuis plusieurs années pour parler de son parcours hors norme. “Je suis maman de deux enfants et l’orientation de ma grande fille a été un enfer sur terre. On n’est pas du tout accompagné en France sur l’orientation des élèves. Quand j’ai connu My Job Glasses, je me suis dit qu’il était de mon devoir d’aider des étudiants.

 

 

Alors qu’elle en est à 277 rencontres, Véronique met à chaque fois un point d’honneur à rassurer ses interlocuteurs. “J’ai l’impression de leur enlever une chape de plomb des épaules quand je leur dis qu’il n’y a pas de voix de garage. Ça me hérisse le poil quand j’entends certains dire que si on s’engage dans une voie ensuite on ne pourra plus rien faire d’autre. On ne peut pas connaître tous les métiers à 15 ans !” 

 

 

Véronique conseille également à ses jeunes interlocuteurs de ne pas se contenter de secteurs qu’ils connaissent déjà. “Je leur conseille aussi d’ouvrir leur chakras dans la recherche de stage, d’alternance ou même de premier emploi, et de ne pas se limiter uniquement à ses goûts personnels, poursuit-elle. J’échange souvent avec des jeunes filles qui me disent vouloir travailler dans le luxe, la maroquinerie ou la mode. Je leur réponds que ces préférences relèvent avant tout de leurs goûts personnels. Or ce sont des secteurs très saturés. En se concentrant uniquement sur ces univers, elles passent parfois à côté d’autres entreprises, moins connues, qui peuvent offrir un excellent cadre d’apprentissage, davantage d’accompagnement, de bienveillance ou de formation que celles qu’elles visent spontanément.”

 

Pour Véronique, l’exploration n’est pas terminée

Engagée, Véronique prend même du temps pour accueillir des personnes en reconversion sur son lieu de travail. Récemment, c’est via France Travail qu’une active est venue en immersion effectuer un “vis ma vie” chef de produit. “Je l’ai emmenée en magasin, je lui ai montré mon métier pendant deux jours, se souvient Véronique. Je crois qu’elle a bien aimé l’expérience.”

 

Après plus de huit ans passés à La Plateforme du Bâtiment, Véronique n’en a pas fini avec l’exploration. Elle quitte prochainement Saint-Gobain : elle a accepté un poste de directrice commerciale. “J’ai vu que c’était plutôt le terrain qui m’intéressait. Je pense que j’avais fait un peu le tour de mon métier et de mon secteur. Mais je vais être très triste de quitter mes magasins.”

Et maintenant ?

Le parcours de Véronique vous inspire ? Vous aimeriez en savoir davantage sur le secteur du bâtiment ? Contactez l’un de nos ambassadeurs et posez-lui toutes vos questions

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