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[Ces femmes qui nous inspirent] Anna, technicienne de laboratoire militaire au Service de santé des armées : “Travailler dans un service technique et faire partie de la chaîne de soins donne du sens à mon quotidien”

Anna, technicienne de laboratoire militaire au Service de santé des armées : “Travailler dans un service technique et faire partie de la chaîne de soins donne du sens à mon quotidien”

Au cœur du Service de santé des armées (SSA), Anna exerce comme technicienne de laboratoire militaire. Depuis neuf ans, elle assure chaque jour l’analyse et la validation des bilans biologiques pour l’ensemble des services hospitaliers, des urgences à la réanimation, avec un objectif clair : rendre des résultats fiables le plus vite possible. Entre gardes de nuit, missions en opérations extérieures et exigence permanente de qualité, celle qui a commencé dans le civil revendique aujourd’hui un double engagement, au service des populations civiles et militaires sur le territoire national mais aussi au soutien des forces en mission.

Loin des blocs opératoires, se joue une bataille plus discrète mais tout aussi décisive : celle de la fiabilité et du temps. Car chaque prélèvement analysé oriente un diagnostic et chaque résultat transmis conditionne une prise en charge.

 

Depuis neuf ans, Anna exerce comme technicienne de laboratoire au Service de santé des armées. Issue du civil, elle choisit de rejoindre l’institution militaire pour exercer son métier où l’utilité du travail accompli s’inscrit dans un engagement collectif plus large.

 

Son quotidien conjugue exigences scientifiques, responsabilités opérationnelles et engagement militaire. Pour My Job Glasses, Anna revient sur son parcours, les spécificités du SSA et la réalité d’un métier essentiel mais parfois méconnu.

My Job Glasses : Bonjour Anna. Vous êtes technicienne de laboratoire à l’hôpital régional d’instruction des armées Clermont-Tonnerre, à Brest. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? 

Anna : Je travaille à rendre les bilans sanguins qui viennent des différents services de l’hôpital. On travaille principalement avec les urgences et la réanimation avec des objectifs de délais rapides, une heure pour les bilans urgents. 

 

Toute la journée, on rend ces résultats aux services de tout l’hôpital et on s’assure que les résultats sont bons. Ça demande toute une partie qualité. Après, il y a la partie garde, le soir et la nuit. C’est un labo qui tourne 24h sur 24. C’est le cas pour tous les laboratoires rattachés à un centre hospitalier, de manière générale. Si demain vous venez à l’hôpital à 2h du matin, on ne va pas vous dire qu’il n’y a pas de scanner avant 8h. On vous le fait tout de suite. C’est pareil pour les analyses (rires) !

“Nous soignons diverses populations, aussi bien civiles que militaires”

My Job Glasses : Quel a été votre parcours initial pour devenir technicienne de laboratoire ? 

Anna : J’ai fait un bac STL, sciences et technologies de laboratoire, puis un DUT analyses biologiques et biochimiques. J’ai travaillé dans plusieurs laboratoires, puis je me suis engagée à 25 ans. J’ai fait deux hôpitaux militaires, d’abord à Bordeaux, puis à Brest. 

 

My Job Glasses : Puisqu’il s’agit d’un hôpital d’instruction des armées, soignez-vous uniquement des militaires ?

 

Anna : Non, nous soignons diverses populations, aussi bien civiles que militaires ! Demain, si vous avez un accident de voiture par exemple, la régulation peut très bien vous envoyer à l’HRIA (Hôpital Régional d’Instruction des Armées, ndlr) proche. 

 

L’hôpital militaire de Brest est un peu spécifique parce que c’était, historiquement, l’hôpital maritime, et que Brest possède une base navale importante. On est physiquement de l’autre côté de la rue de la base navale ! Nous essayons donc d’avoir une prise en charge facile et rapide pour les militaires. 

My Job Glasses : Vous êtes vous-même militaire ?

 

Anna : Oui, complètement ! En tant que technicien de laboratoire, nous devons obtenir le diplôme avant d’intégrer le Service. 

 

Dans les six premiers mois de notre contrat, qui dure entre trois et cinq ans, on est en période d’essai. C’est pendant cette période qu’on fait la formation militaire initiale, la FMI, qui dure quatre semaines. On fait nos classes : marcher au pas, s’habiller, faire son lit… la cohésion, ça s’apprend ! Ce sont des choses rudimentaires mais importantes.

“Il y a davantage de reconnaissance dans l’armée”

My Job Glasses : Vous avez donc exercé dans le civil avant de vous engager ?

Anna : Oui, j’ai exercé dans six autres laboratoires. Plusieurs labos privés, plusieurs labos de CHU. Et je savais ce que je ne voulais plus. Je voulais davantage de reconnaissance du travail fourni, et il est vrai qu’il y en a davantage dans l’armée. 

C’est quand mon mari s’est engagé lui aussi que je me suis dit que j’allais sauter le pas. Je connaissais déjà le milieu car mes deux parents étaient militaires. Donc ce n’était pas non plus un saut dans l’inconnu. Je suis partie assez rapidement en mission, à Djibouti, pendant quatre mois et demi. 

 

My Job Glasses : Qu’est-ce que le départ en OPEX (opération extérieure) vous a appris ?

Anna : Quand on part, on vit quelque chose de complètement différent. On est responsable de tout ce que l’on rend au médecin et on n’a pas de collègues sur qui s’appuyer. En mission, le technicien de laboratoire est seul. On a peu de moyens. Pas les mêmes machines que dans nos hôpitaux. Et en même temps il faut rendre la même chose, avec la même qualité. Pendant quatre mois, si on nous appelle à 5h, c’est nous. À midi, c’est nous. À 22h, c’est nous (rires). On s’adapte. 

“Quand on part en mission, on n'est pas en première ligne des combats, on est là pour sauver des vies”

My Job Glasses : Et être une femme dans l’armée, est-ce que ça change quelque chose ?

Anna : À l’échelle du Service, on est égalitaire car les salaires sont les mêmes. Dans la pratique, il faut parfois montrer qu’on est tout aussi légitime. Quand je suis partie en mission à 25 ans, jeune sergent-chef, il fallait que je montre que j’avais les mêmes connaissances et que je savais de quoi je parlais. C’est une réalité.

 

My Job Glasses : Est-ce que servir la France donne du sens à votre métier ?

Anna : Oui. Travailler dans un service technique et faire partie de la chaîne de soins donne du sens à mon quotidien. On sait pourquoi on vient au travail. 

 

Quand on part en mission, on n’est pas en première ligne des combats, on est là pour sauver des vies. Des gens qui servent la France comme nous. J’ai des collègues civils qui font exactement le même métier au quotidien, mais qui n’ont pas l’opportunité que nous avons de partir en mission.

“Au SSA, il y a beaucoup de métiers spécifiques, techniques et avec des responsabilités”

My Job Glasses : Vous êtes une ambassadrice active sur My Job Glasses. Vous avez un amour particulier de la transmission ? 

Anna : J’aime bien la plateforme. Elle est simple et permet aux jeunes d’avoir des interactions que moi je n’avais pas à leur âge. Beaucoup de jeunes ne savent pas du tout ce qu’est le Service de santé des armées. Il y a beaucoup d’idées reçues, comme le fait de croire qu’il faut absolument courir 20 km par jour ou qu’on est forcément déployé en première ligne des combats.

 

En réalité, on a la possibilité de faire trois heures de sport par semaine si l’activité du service le permet, car ce sont les patients qui sont prioritaires. Donc pour moi, My Job Glasses me permet d’informer, de faire comprendre que la raison d’être du Service c’est de soutenir un public varié, aussi bien civil que militaire. Au SSA, il y a beaucoup de métiers spécifiques, techniques et avec des responsabilités.

 

 

My Job Glasses : Les jeunes sont-ils surpris par votre parcours ?

Anna : Oui. Ils sont souvent étonnés de voir que j’ai fait plein de choses avant de m’engager. Ils ne savent pas qu’on peut s’engager jusqu’à 32 ans ou plus selon les branches. Ça permet d’avoir plusieurs expériences avant. Ils sont aussi surpris qu’on puisse partir en mission et mettre notre savoir-faire technique au service des autres, civils comme militaires.

 

My Job Glasses : Comment envisagez-vous la suite de votre parcours professionnel ?

Anna : Là, je vais partir en Nouvelle-Calédonie pour ces trois prochaines années. Mon mari est muté, donc je prends une disponibilité pour le suivre. Ce sont des choses possibles dans l’armée. J’ai plusieurs options : soit je vais travailler dans le privé, dans un laboratoire ou dans un CHU. Soit je peux demander à faire de la réserve sur un poste qui n’est pas forcément le mien, non spécifique. Dans l’armée, on a quand même plus de possibilités et du soutien familial. 

Et maintenant ?

Le parcours d’Anna vous inspire et vous donne envie d’en savoir plus sur la diversité des métiers du SSA ? Contactez-la directement ou échangez avec l’un des ambassadeurs du Service de santé des armées en quelques clics ! 



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