L’Observatoire du Premier Emploi

Près d’un jeune actif sur deux quitte son premier emploi moins d’un an après son embauche

Pour certains jeunes, trouver la voie qui les conduira jusqu’à leur premier emploi peut devenir un vrai parcours du combattant : choix d’orientation sur la plateforme Parcoursup quand ils sont encore au lycée, décisions par rapport aux spécialisations et aux masters, recherche d’un job parmi des dizaines de filières… Le tout en ayant peu d’information sur la réalité des différents métiers et secteurs. Ce n’est donc pas surprenant que pour presque la moitié d’entre eux, l’arrivée en entreprise soit un peu la douche froide.

Selon les chiffres de la deuxième édition de l’Observatoire du Premier Emploi, réalisé par Ipsos pour My Job Glasses, près d’un jeune actif sur deux quitte son premier emploi moins d’un an après son embauche. Cette étude, qui vise à mieux cerner la perception qu’ont les jeunes français entre 18 et 30 ans de leur expérience professionnelle* révèle qu’ils se sentent mal préparés à entrer dans la vie active, et in fine, près d’un jeune actif sur deux (46%) quitte son premier emploi dans l’année suivant son embauche. En cause : une méconnaissance du monde du travail et un manque de dialogue avec les professionnels au cours de leurs études.

DEUXIÈME ÉDITION DE L’observatoire DU PREMIER EMPLOI : Chiffres et enseignements clé

  • 46% des jeunes actifs ont quitté leur premier poste dans l’année suivant leur embauche
  • Pour la majorité d’entre eux, cette démission est volontaire (63%), et motivée par l’orientation vers un poste jugé « plus intéressant » (27%), ou parce que le poste ne correspondait pas à l’idée qu’ils s’en faisaient (19%)
  • Parmi les actifs, le choix de leur premier emploi est justifié par hasard ou nécessité (60%), plutôt que par passion (25%)
  • Seul 1 jeune sur 5 a pu convertir son expérience en entreprise en premier job et ce y compris chez les BAC +5 et plus
  • 66% des jeunes estiment être mal préparés à la recherche d’un premier emploi et à la réalité de la vie active par leur établissement
  • Seuls 55% des jeunes disent que leur établissement a organisé des rencontres avec des professionnels et parmi eux 1 sur 2 trouve que les forums étaient inutiles
  • Les jeunes actifs ayant rencontré des professionnels à plusieurs reprises sont plus nombreux à considérer que leur emploi correspond à leurs attentes initiales, qu’il s’agisse de leur métier ou du type d’entreprise, respectivement +30 points et +21 points par rapport à ceux n’ayant jamais fait de rencontre
  • Le réseau est perçu comme le moyen de recrutement de demain par plus d’un jeune actif sur deux (51%), devant la réponse à une annonce (22%) ou le forum de recrutement (16%)

Le décalage entre attentes et réalité, source de déceptions

Dès 2017, My Job Glasses, premier outil de mentorat en Europe, observait à travers la première édition de son Observatoire du Premier emploi que presqu’un jeune diplômé sur deux avait quitté son emploi dans la première année**. Un constat implacable, et constant comme le confirme cette deuxième édition, puisque 46% des jeunes diplômés ont quitté leur emploi dans la première année et 25% dans les six mois suivant leur prise de poste.

Pour la plupart d’entre eux, cette démission est volontaire (63%), et majoritairement motivée par l’orientation vers un poste jugé « plus intéressant » (27%) ou parce que le poste ne correspondait pas avec l’idée qu’ils s’en faisaient (19%). Des chiffres qui révèlent un problème de fond : celui d’une mauvaise compréhension des métiers et du monde de l’entreprise.

A l’aube du grand saut dans la vie active, beaucoup reconnaissent en effet en ignorer son fonctionnement : 41% avaient une idée imprécise du métier qu’ils souhaitaient exercer et un jeune actif sur deux ne savait pas quel type d’entreprise il souhaitait intégrer.

Ainsi, le choix du premier emploi se fait davantage par hasard ou nécessité (60%) que par envie : seul un répondant sur quatre déclare avoir fait un choix de passion pour son premier emploi.

« Après un stage en communication qui ne correspondait pas à mes attentes j’étais assez perdue concernant mon orientation. Grâce à mon école, j’ai dû aller rencontrer des professionnels et j’ai choisi d’explorer le monde de la finance. C’est à cette occasion que j’ai découvert le métier d’auditrice interne que j’exerce en stage depuis 3 semaines dans le groupe JCDecaux que j’ai intégré suite à la rencontre d’un Ambassadeur sur My Job Glasses » déclare Pauline Chevalerias, étudiante en M1 au sein du BBA INSEEC.

Des jeunes mal préparés à la réalité de la vie active

Parmi les causes invoquées par les candidats, la description du poste semble poser problème : près d’un tiers des primo-embauchés (30%) regrette d’avoir postulé à une offre dont ils estiment que la description était en décalage avec la réalité du poste. Pour éviter ce type de déconvenues, ces actifs jugent majoritairement (56%) qu’une rencontre avec des pairs, professionnels exerçant le poste, permettrait d’apporter une information plus fiable. Des résultats qui démontrent la nécessité de connecter étudiants et professionnels, pour faire découvrir des métiers, parcours et expériences, et aider les actifs de demain à mieux se projeter dans le monde du travail.

« Permettre aux marins de témoigner de la réalité du métier qu’ils exercent est essentiel pour relever le défi du recrutement. Le dialogue entre nos ambassadeurs et les jeunes qui désirent s’engager dans la Marine est une priorité pour nous car il nous assure des engagements par choix, et non par défaut » déclare l’amiral Dupuis, Directeur du Personnel Militaire de la Marine Nationale qui compte 400 ambassadeurs sur My Job Glasses.

Plus globalement, la préparation à l’entrée dans la vie professionnelle pose question : 2 jeunes sur 3 estiment avoir été mal préparés par leur établissement supérieur, qu’il s’agisse de la recherche du premier emploi ou de la réalité de la vie active (66%). A noter : ce dernier chiffre monte à 74% pour les jeunes ayant fait des études bac + 5 et plus. Les jeunes se trouvent globalement mal préparés aux échanges avec des professionnels en poste (59%), et déplorent l’inexistence de rencontres avec des professionnels dans le cadre de l’enseignement supérieur (40%), sur un format qui n’est pas toujours jugé optimal, notamment lors des forums, perçus comme inutiles par un jeune sur deux (50%).

« Dans un contexte de chômage structurel élevé, renforcer l’accompagnement des jeunes diplômés dans leur entrée dans la vie active est un enjeu clé. Ces derniers manifestent un réel besoin de préparation, à la fois par leur établissement d’enseignement supérieur et par le monde de l’entreprise pour faire des choix de début de carrière éclairés, en accord avec leurs attentes personnelles » commente Brice Teinturier, Directeur Général Délégué d’Ipsos France.

Par ailleurs, seul 1 jeune sur 5 convertit son expérience en entreprise (stage, contrat d’apprentissage, intérim ou VIE : 20%) en premier job et ce y compris chez les BAC +5 et plus (21%). Les moyens de recrutement plus directs, comme la cooptation ou le réseau restent rares également (17%). Si ces contacts avec l’entreprise sont pourtant facteurs de meilleure intégration et de pérennité pour les nouveaux arrivants, ils ne sont donc pas légion. L’entrée dans un premier emploi se fait majoritairement en effet par des moyens plus classiques comme la candidature spontanée (33%) ou la réponse à une annonce précise (26%).

Ouvrir les portes de l’entreprise aux jeunes

Dans ce contexte, les jeunes actifs expriment une réelle envie de mieux connaître le monde professionnel, pour déconstruire des clichés, ou pour conforter un choix. Les immersions en entreprise sont très appréciées des jeunes actifs car elles permettent de mieux connaitre les postes auxquels ils pourront être amenés à postuler, et ce, très rapidement : 53% des stagiaires s’en rendent compte dès le début (idem pour les VIE à 50% et stagiaires à 45%). Quelle que soit l’expérience qu’ils en tirent, positive ou négative, elles sont jugées « éclairantes » pour 93% des candidats passés par un VIE, 91% des alternants et 82% des stagiaires.

« Capitaliser sur des rencontres avec le monde de l’entreprise durant la scolarité permet de sortir du schéma actuel qui est source de déceptions pour les jeunes actifs et d’identifier les métiers et/ou secteurs d’activités qui peuvent ou non leur correspondre. C’est notre conviction chez My Job Glasses : seuls des points de contacts multiples avec des professionnels permettront aux jeunes d’obtenir un premier emploi en adéquation avec leurs attentes, et de créer des opportunités pour tous » remarque Emilie Korchia, Co-fondatrice de My Job Glasses.

Des rencontres régulières avec des professionnels constituent ainsi un levier efficace pour mieux comprendre le monde de l’entreprise et détricoter certains clichés. Elles ont d’ailleurs fait leurs preuves puisque les jeunes actifs ayant rencontré des professionnels à plusieurs reprises sont significativement plus nombreux à considérer que leur emploi correspond à leurs attentes initiales, qu’il s’agisse du métier qu’ils exercent (78%, soit 31 points de plus que ceux n’ayant jamais rencontré de professionnels) ou du type d’entreprise où ils travaillent (73%, soit 22 points de plus). Idem pour l’environnement de travail ou les méthodes de travail avec lequel les jeunes actifs se sentent là aussi plus en phase (79% vs. 60%), et les modes de management (68% vs. 49%).

« Nous avions à cœur de mieux faire connaître la richesse de nos métiers en digital, commerce, opérations, recherche et plus, au-delà de notre expertise marketing pour laquelle nous sommes très clairement identifiés. C’est pourquoi nous sommes fiers d’avoir rejoint My Job Glasses avec un grand nombre d’Ambassadeurs de tous métiers, en France et à l’international, qui peuvent partager leur passion avec les étudiants. Et cela fonctionne, puisque nous sommes aujourd’hui l’entreprise la plus sollicitée sur la plateforme avec près de 2 000 demandes de rencontres reçues à date » déclare Jean-Claude Le Grand, Directeur Général des Relations Humaines du groupe L’Oréal.

L’importance de construire son réseau professionnel

Les jeunes actifs souhaitent également un meilleur accompagnement pour se constituer un réseau, quel que soit leur niveau d’étude. D’autant que pour beaucoup (43%), le networking est source de stress (ce chiffre passe même à 48% chez les BAC +5 et plus et à 47% chez les femmes vs. 40% chez les hommes). Difficile de savoir comment procéder ou identifier l’interlocuteur à qui parler de son projet professionnel, même si le réseau est identifié comme une réelle opportunité par 80% des répondants.

Certains jeunes actifs sont par ailleurs freinés par plusieurs éléments : en premier lieu, le fait de ne pas savoir à qui s’adresser (26%), la crainte de ne pas savoir quoi dire / quoi demander (21%), puis l’absence de contact dans le secteur d’activité qu’ils aimeraient intégrer (14%), et enfin l’impression de manquer de légitimité pour solliciter un professionnel (13%).

Le réseau est pourtant perçu comme le moyen de recrutement de demain par plus d’un jeune actif sur deux (51%), devant les modes de recrutement classiques comme la réponse à une annonce (22%) ou le forum de recrutement (16%).

« Les résultats de cet observatoire attestent d’un réel besoin de nouer plus de liens et de dialogue entre l’étudiant et l’entreprise. C’est tout l’objet de notre plateforme : proposer une solution qui fasse le pont entre ces deux mondes, pour repenser le recrutement et l’orientation bien au delà des simples jobboards ou forums. C’est ainsi que nous pourrons susciter de vraies vocations, pour tous, via des rencontres avec des professionnels qui sont les mieux placés pour témoigner de leur quotidien et partager la passion de leur métier » conclut Emilie Korchia.

*Méthodologie : Étude online menée du 31 octobre au 12 novembre 2019 auprès d’un panel représentatif de 1000 jeunes français (âgés de 18 à 30 ans), selon la méthode des quotas : – Critères d’éligibilité : âge et statut (professionnels ayant déjà exercé un premier emploi et étudiants en fin de cycle n’ayant pas encore exercé d’emploi) – Quotas : statut, âge, sexe, région de résidence, niveau de diplôme (hors CAP et BEP).

** Source : Première édition de l’Observatoire en 2017 : Étude Opinion Way pour My Job Glasses.

Toute publication totale ou partielle doit impérativement utiliser la mention complète : « Observatoire du Premier Emploi – Étude Ipsos pour My Job Glasses – Janvier 2020 » et aucune reprise de l’enquête ne pourra être dissociée de cet intitulé.